A chacun de ses mots, je ressentis l'émotion la plus enfouie s'accaparer de moi. J'étais en admiration. Ses mots, ses phrases, j'arrivais presque à voir sa main, ses doigts entremêlés à une plume. Décrivant la beauté, l'horreur et la misère. Tout s'engloutissaient en mon âme, je fondais à cette lecture, me sentant à la fois minuscule et importante... Car ses mots, j'avais la chance inexorable de les lire, tout en me faisant noyer par ce génie.
Sa parole illimitée semblait s'étendre à l'infini, percutant tout les murs pour mieux pénétrer mon esprit. Je me sentais tellement faible à ses côtés et pourtant j'aimerais pour toujours y figurer. C'est magique, tout cela ne peut qu'être lié à l'ésothérie, c'est si immensement écrit.
L'admiration me semble un terme si faible pour ce que j'ai ressentis. Ai-je seulement la prétention de l'évoquer ici, dans un modeste carnet d'où sortent des idées simplistes.
L'énormité de son talent...
Où avais-je la tête? L'abominable Victor Hugo m'a conquise...
( Extrait du carnet "Sentiments inconnus", à la lecture des Misérables)